Fort de Chartres et Prairie du Rocher vont de pair

La porte du fort de Chartres, Illinois (ameriquefrancaise.org)

Sur le Chemin du Roi, environ six kilomètres à l’ouest de Prairie du Rocher, se trouve le dernier des trois forts successifs nommés “de Chartres” construits par les Français pendant leur occupation coloniale du Pays des Illinois au 18ème siècle.

Les deux premiers forts furent érigés dans les années 1720 et étaient des structures en bois palissadées en carré avec un bastion aux quatre coins. Le troisième fort, édifié dans les années 1750, était une structure massive en pierre entourant six édifices importants. On dit que la poudrière serait le plus ancien bâtiment de l’actuel État de l’Illinois. Les trois forts tirent leur nom de Louis, duc de Chartres, fils du Régent Philippe d’Orléans.

Prairie du Rocher

Cette forteresse a servi de siège au gouvernement de la Haute-Louisiane et de chef-lieu des opérations militaires dans ce qui est aujourd’hui le Midwest américain. Ses canons importés de France ont toujours été silencieux. Suite au Traité de Paris de 1763, les troupes anglaises ont occupé le fort de 1765 jusqu’à 1772, lorsque l’empiétement du fleuve Mississippi sur les terres a provoqué l’effondrement du mur sud. Graduellement les Francophones quittèrent les lieux pour aller s’établir sur la rive gauche du grand fleuve.

Deux ans après la construction du Fort de Chartres le village de Prairie du Rocher fut fondé sur un terrain avoisinant donné par la Compagnie des Indes. Les villageois travaillaient au soutien du fort et dans les prés. Prairie du Rocher tire son nom du promontoire rocheux à côté duquel la communauté était située.

Prairie du Rocher est connue à travers le Midwest pour avoir conservé la coutume canadienne-française de “La Guiannée” (ou La Guignolée) depuis sa fondation en 1722. Grâce à cette chanson traditionnelle, spéciale pour l’occasion, les citoyens apprécient hautement leur riche héritage français. La vieille du Nouvel An, les guignoleux et les guignoleuses de Prairie du Rocher font leur tournée des maisons du village en chantant La Guiannée. Originaire des campagnes du Québec, cette fête de partage est amusante.