À Maumee, un fort peut en cacher un autre

La rivière Maumee naît de la jonction des rivières Sainte-Marie (à gauche) et Saint-Joseph (à droite)

La rivière Maumee s’étend sur 220 km entre Fort Wayne (Indiana), où elle naît de la jonction des rivières Saint-Joseph et Sainte-Marie, et Toledo (Ohio), où elle se jette dans le lac Érié.

C’est sur le site de la ville de Maumee, au sud-ouest de Toledo, que se déroula en août 1794 la dernière bataille de la guerre amérindienne du nord-ouest, dont les Américains sortirent victorieux. Les Amérindiens, pourtant alliés des Anglais, s’étaient vus refuser la protection du fort tout proche que les Anglais venaient de reconstruire pour bloquer l’avancée des Américains vers Détroit. Les Anglais avaient préféré éviter l’incident diplomatique avec les Américains qui de leur côté avaient renoncé à attaquer le fort.

Un fort en cache un autre

Le fort anglais s’appelait “Fort Miamis”, véritable ouvrage de défense établi sur une hauteur surplombant la rivière Maumee, là où se termine la zone de rapides. Rien de ce qui se passait dans la vallée ne pouvait donc échapper aux Anglais. Aujourd’hui, seuls des vestiges du terrassement du fort restent visibles. Il était en effet solidement protégé selon les méthodes de l’ingénieur militaire français Vauban. Mais ce n’est pas tout. Le fort anglais avait autrefois un prédécesseur sur le même site, un poste de traite palissadé bien français celui-là…

C’est probablement vers 1680 que les Français construisirent leur poste de traite, appelé “Fort Saint-Philippe des Miamis”. Ils avaient déjà compris l’importance stratégique du site de Maumee, où se rassemblaient les tribus amérindiennes du nord et de l’ouest. La rivière Maumee était ensuite devenue la route privilégiée pour relier le Canada à la Louisiane, car un seul portage était nécessaire pour atteindre la rivière Wabash, affluent de l’Ohio. Les Anglais l’avaient bien compris puisqu’à l’issue de la guerre de conquête, en 1764, ils avaient renforcé le poste français et l’avaient baptisé “Fort Miamis”. C’est ce riche passé français qui gagnerait à être connu.

Photo Toledo Perspectives

 

 

 

 

 

 

“Roche de Bout”, aussi appelé “Roche de Bœuf”, est un affleurement de calcaire qui forme une île (beaucoup plus grande au 18ème siècle) au milieu de la rivière Maumee, près de Maumee (photo ci-dessus). C’était un point de repère pour les Autochtones et les premiers voyageurs français et canadiens. Il était utilisé par les Miamis et leurs alliés comme lieu de rassemblement des chefs de tribus.