Un parfum de France à Louisville

Les chutes de l’Ohio (photo Weebly)

La ville de Louisville (Kentucky) se situe sur la rive sud de la rivière Ohio, à l’emplacement des chutes de l’Ohio, c’est-à-dire d’une succession de rapides formés sur des affleurements de roches fossiles, sur une distance de trois kilomètres.

Sur la rive opposée de l’Ohio, à New Albany (Indiana), commençait autrefois la piste des bisons (voir capsule) qui traversait le sud du territoire de l’Indiana vers le nord-ouest jusqu’à l’actuelle ville de Vincennes. Dans la première moitié du 18e siècle, les Français contrôlaient probablement les deux extrémités de la piste des bisons. On dit même qu’ils avaient établi un poste avancé aux chutes de l’Ohio, qu’ils avaient nommé “La belle”, en hommage à la belle rivière (Ohio). Bien après la chute de la Nouvelle-France (1763), ce “parfum de France” allait pourtant renaître dans la société américaine naissante de Louisville. Voici comment…

Un parfum de France

La belle rivière (Ohio) (photo Annie Reisewitz)

C’est en mai 1778, pendant la révolution américaine, qu’arrivèrent les premiers colons anglophones sur le site de Louisville, guidés par le colonel américain George Rogers Clark. Ils s’installèrent sur des terres déjà arpentées par le capitaine Thomas Bullitt, un descendant de réfugiés français protestants. Le nom de Louisville fut donné en 1780 en l’honneur du roi Louis XVI, allié des Américains, et des premiers colons français dévoués à la cause américaine. Par la suite, de nombreux émigrés fuyant la révolution française, souvent de la noblesse ou du clergé catholique, rejoignirent la communauté française de Louisville.

Les Français étaient de véritables modèles d’élégance, de cordialité et de gaieté, mais ils ne furent pas les derniers à manifester eux aussi un solide sens des affaires. En 1782, le premier essai de navigation commerciale en bateau à fond plat de Pittsburgh à La Nouvelle-Orléans était à porter au crédit d’un certain Barthélémi Tardiveau, un marchand… bien français. Il faut dire que dans les premières années de Louisville, les chutes de l’Ohio constituaient un sérieux obstacle naturel à la navigation sur l’ensemble du cours de la rivière.