Préséance donnée au nom français de Racine

La rivière Root, Wisconsin (photo Dave Kiffel)

On dit que Jacques Marquette et Louis Jolliet en 1674 et Robert Cavelier de La Salle en 1679 auraient fait une étape à Racine à cause de la forte houle sur le lac Michigan qui pouvait faire chavirer les canots.

Dans sa lettre à l’évêque de Québec, l’abbé Jean François Buisson de Saint-Cosme, décrit ses cinq jours d’arrêt passés à Racine où son équipe a dû se mettre à l’abri des dangers d’une mer agitée. Après avoir quitté Milouakik (Milwaukee) signifiant “Campagne plaisante”, ils arrivèrent à Kipikaoui qui signifie “Racine” dans la langue des Poûx (Poéouatamis) le 11 octobre 1698. Ils apprirent qu’il n’était pas nécessaire de passer par le portage de Chicagou pour atteindre la rivière des Illinois qui se jette dans le Mississippi. En effet, la rivière Kipikaoui (aujourd’hui Root) et un portage d’environ une dizaine de kilomètres les auraient amenés à la rivière Peschoui (aujourd’hui Fox) qui est aussi un affluent de la rivière des Illinois à l’ouest de Chicagou.

Retour à Chicagou

Ils remontèrent alors la Kipikaoui à travers d’agréables prairies jusqu’au lieu du portage, où le niveau de l’eau ne permettait plus la navigation. Ils ont alors jugé que les eaux de la Peschoui étaient également trop basses, obligeant ainsi l’équipe à parcourir plus de 200 kilomètres de portage. En conséquence, il fut décidé de rebrousser chemin et de passer par Chicagou où le portage était à peine de 12 kilomètres de long.

Embouchure de la rivière Racine, Wisconsin (photo User:JeremyA)

Lors de l’incorporation de Racine en 1841, ses dirigeants sont sagement retournés aux sources écrites pour l’appellation de la ville.

AVIS daté de 1698 à tous les voyageurs de la Grande Louisiane française. En rapport au canotage l’abbé Saint-Cosme, né à Lauzon (Québec), a écrit en 1698 :

“Il faut faire très attention le long des Grands Lacs, et surtout du lac Michigan, dont les rivages sont très bas. Quand les vagues se soulèvent il faut se rendre à la terre ferme le plus tôt possible, car les ondulations des vagues deviennent si hautes en si peu de temps qu’on court le risque de briser son canot et de perdre tout son contenu. De nombreux voyageurs ont déjà naufragé sur les rives du lac Michigan.”

Cette marque de sagesse est toujours valable aujourd’hui après plus de 320 ans.