Mine au Breton et son “soldat de plomb” (Potosi)

Photo Bridgehunter

Dans les années 1770, François Azor, âgé d’une soixantaine d’années, était un ancien mineur de la Vieille Mine de plomb (Old Mines), située au nord de l’actuelle ville de Potosi (Missouri).

Ancien soldat de la Nouvelle-France, né en Bretagne, il résidait à Sainte-Geneviève (Missouri) mais avait gardé le goût de l’aventure et de la chasse. On raconte que c’est en poursuivant un ours le long d’un ruisseau, dans la région de Potosi, qu’il découvrit un riche gisement de minerai de plomb affleurant à la surface. Tout alla ensuite très vite…

Un camp minier fut établi le long de la rive sud du ruisseau, qui attira de nombreux colons en majorité d’origine française. La mine de plomb fut appelée “Mine au Breton”, comme le village de colons qui devint un centre minier important dans la région. En 1791, une route fut même construite jusqu’à Sainte-Geneviève pour acheminer le plomb jusqu’à La Nouvelle-Orléans. En 1798, l’arrivée de l’entrepreneur américain Moses Austin transforma l’activité minière du village, constituée de petites exploitations saisonnières, en véritable industrie à grande échelle. En 1826, le village de Mine au Breton fut incorporé dans la nouvelle communauté de Potosi, où il se situe toujours dans la partie sud. Aujourd’hui, la ville de Potosi n’a pas oublié son lointain fondateur, l’aventurier et chasseur breton dont le passé de soldat, très peu connu, mérite cependant un petit détour…

Un destin extraordinaire

Potosi au début du 19ème siècle, qu’aurait pu connaître François Azor (photo H.R. Schoolcraft)

Les deux faits d’armes connus du soldat François Azor remontent aux guerres de Louis XV, en Europe et en Nouvelle-France. Il servit sous les ordres du maréchal de Saxe lors de la bataille de Fontenoy en mai 1745 dans le Hainaut belge, où les Anglais furent vaincus. Il partit ensuite en Nouvelle-France où il contribua à la défaite du général Braddock en juillet 1755, à la fourche de l’Ohio (aujourd’hui Pittsburgh), au début de la guerre de conquête anglaise. Quand les Anglais prirent possession de la Louisiane orientale en 1763, le soldat breton avait-il déjà rejoint la rive droite du Mississippi ? Sa vie d’aventurier ne l’empêcha pourtant pas de vivre jusqu’à l’âge de… 111 ans ! Quel destin extraordinaire, tout de même !