Texarkana, au cœur de la dénomination du Texas

Photo Université du Nord Texas

Au début du 18ème siècle les explorateurs et les commerçants français et canadiens ont interprété le mot “Texas” du vocabulaire des Caddos (abréviation française pour la Première Nation des Cadodaquious qui habitaient le nord-est de l’actuel Texas) comme signifiant “Amitié”.

En 1930, l’État du Texas a adopté “Friendship” comme devise officielle pour promouvoir l’esprit de fraternité des Texans. La Francophonie a été la première communauté linguistique à saisir la spiritualité du mot Texas. En Nouvelle-Espagne vers 1689, “Tejas” faisait référence à une confédération de tribus indigènes et à son territoire en association avec une “Gran Quivira” (une ville légendaire d’une richesse fabuleuse recherchée par les Espagnols).

Fort Breton

En 1719 aux fins d’établir des relations d’affaires avec les Caddos, Louis Juchereau de Saint-Denis, officier supérieur à Natchitoches, demanda à Bénard de La Harpe d’ériger un poste de traite parmi les Caddos, lequel pris le nom de Fort Breton. Il était situé près l’actuelle ville de Texarkana. Le fort a servi de base à plusieurs expéditions dans la région, notamment l’exploration de la rivière Rouge par Durivage et Mustel, la recherche de partenaires commerciaux dans les Grandes Plaines par La Harpe, le voyage d’André Fabry de la Bruyère en 1742 et celui du montréalais Pierre A. Mallet en 1750. Deux des enfants du négociant résidant Alexis Grappé, François et Marie, sont nés à Fort Breton où Jean-Baptiste Brevel a été interprète pendant plusieurs années. Fort Breton fut abandonné lors de l’achat de la Louisiane à Napoléon Bonaparte en 1803.

Les foires aux fusils

Foire aux fusils au site Gilbert, Texas, vers 1750 (oeuvre de Charles Shaw)

Alors que les Espagnols avaient interdit le commerce des armes à feu avec les Amérindiens, les Français n’ont pas imposé une telle restriction. Les peuples autochtones du Texas demandaient des fusils. En réponse, des foires aux fusils étaient organisées à travers le territoire. Au-delà de leur valeur en tant qu’instrument de chasse, les fusils étaient prisés car ils pouvaient être échangés contre des chevaux. La connexion française aux armes à feu (guns) du Texas reste généralement inconnue.

Sur les bords du lac Roseborough dans le nord-est du Texas des fouilles archéologiques effectuées par l’université du North Texas au cours du 20ème siècle ont dévoilé un grand nombre de fusils de chasse de fabrication française. Il en fut de même au site Gilbert près de Dallas, et dans la savane Post Oak près de Houston plus au sud impliquant l’université du Texas. Le simple fait que la Francophonie des années 1700 ait atteint d’une façon significative toute la partie orientale du Texas témoigne de son ampleur.