La Mobile, la première paroisse catholique de la Louisiane

Photo Charles W

En janvier 1702, d’Iberville et ses hommes retournèrent vers la baie de Mobile à un endroit agréable où vivait convenablement le peuple des Mobiliens dans l’estuaire de la rivière Mobile, près de lactuel village de Creola. Fort Louis y a été édifié pour être le centre politique, militaire et religieux de la Louisiane.

En 1703, le deuxième évêque de Québec, monseigneur de Saint-Vallier, fit de La Mobile la première paroisse catholique de la Louisiane. Henri Roulleaux de La Vente, venu directement du diocèse de Bayeux en France, devint le premier curé. Le père Antoine Davion du Séminaire des Missions Etrangères (SME) de Québec a agi à titre d’acolyte. Les messes et les autres offices ecclésiastiques avaient lieu dans la chapelle du Fort Louis jusqu’à la construction d’une église paroissiale à l’extérieur des fortifications en 1708.

Les filles du Pélican

Les légendes locales nous apprennent que Nicolas Langlois, un soldat des compagnies franches de la Marine, aurait organisé́ le premier Mardi Gras de La Mobile en 1703, quinze ans avant la fondation de la Nouvelle-Orléans par gouverneur de Bienville. Les Mobiliens continuent d’affirmer que les fêtes du Mardi Gras le long de la côte du Golfe caractérisent, à leur manière, la joie de vivre de la Francophonie. “Ceci est dans l’âme, pas dans la langue parlée”, disent-ils avec conviction.

Puis, le premier recensement de la nouvelle colonie a eu lieu au printemps 1704. Un corps de garde, une forge, une boutique d’armurier, un four à briques, et quatre-vingts maisons en bois sans étage ont été inventoriés. Le nombre des colons s’élevait à 200 hommes capables de porter les armes, deux familles comprenant une dizaine d’enfants, onze ouvriers autochtones et un grand nombre d’animaux de ferme. Il était évident que la colonisation avait un problème majeur.

Arrivée des “filles du Pélican” (Dauphin Island History, Alabama)

À la demande des habitants de La Mobile, le roi Louis XIV envoya alors 23 filles à marier venues des orphelinats et des couvents de France. Elles furent accompagnées, à bord du navire le Pélican, du curé La Vente et de quatre religieuses des Sœurs de la Charité́. En outre, quelques nouveaux colons et soldats étaient du voyage. Lors d’une escale à La Havane la fièvre jaune se joignit à la navigation. Les “filles du Pélican” arrivèrent avec leur baluchon le vendredi 1er août 1704, un jour de réjouissance devenu mémorable. La plupart des mariages furent rapidement consacrés au cours des semaines qui suivirent. Marguerite Burel épousa Gilbert Dardenne originaire de Ville-Marie (Montréal). Saviez-vous que ces filles continuent d’être considérées, avec raison, comme la première génération des mères de l’Alabama ?

En 1711, suite à une inondation dévastatrice la colonie se déplaça vers le fond de la baie créant ainsi le nouveau Mobile. Charles Levasseur, né à Beauport (ville de Québec) le 7 avril 1665 de Jean Levasseur dit Lavigne – originaire de la paroisse de Saint-Nicolas-des-Champs à Paris (France) – et de Marguerite Richard, dessina les plans de la capitale louisianaise.

Sur la grille des rues transversales, où une vingtaine de quadrilatères apparaissent, les rues St-Joseph, St-François, du Roi et de La Salle sont identifiées. Etonnamment, ces mêmes rues se retrouvent à ce jour dans le quartier Saint-Roch de la ville de Québec qui a été́ le premier faubourg ouvrier de la capitale de la Nouvelle-France. Mobile a aussi sa Place Royale, son Marché, et son Séminaire au bout de la rue du Séminaire.