Fort Wayne, un portage providentiel à Kekionga

La ville de Fort Wayne (Indiana) se situe à la jonction des deux rivières Saint-Joseph et Sainte-Marie qui s’unissent pour donner naissance à la rivière Maumee. Celle-ci s’écoule ensuite vers le nord-est pour se jeter dans le lac Érié près de la ville de Toledo (Ohio).

Pendant le 18ème et au début du 19ème siècle, cette région fut au cœur de la guerre entre Français et Anglais, puis entre Américains et Amérindiens. En effet, pas moins de cinq forts se succédèrent pour protéger ce site stratégique. Que fallait-il donc protéger à tout prix à cet endroit où les Amérindiens miamis avaient établi leur principal village (Kekionga) ?

Un portage très stratégique

À la fin du 17ème siècle, les Français avaient déjà exploré le territoire du nord de l’Indiana et découvert le formidable atout du site de fort Wayne. Un simple portage de quelques kilomètres (hors saison sèche) permettait, depuis la rivière Sainte-Marie, de remettre les canots à l’eau dans la Petite rivière pour rejoindre la rivière Wabash, affluent de la rivière Ohio. Par la suite, les Français purent ainsi relier directement le Canada à la vallée du Mississippi sans pratiquement quitter les cours d’eau.

En 1722, ils construisirent le poste des Miamis au bord de la rivière Sainte-Marie, afin de contrôler ce lien vital entre le Canada et la Louisiane et réduire l’influence anglaise dans la région. Il s’agissait d’un poste de traite palissadé bien placé pour faciliter le commerce florissant des fourrures avec les Miamis et les autres alliés amérindiens. Le poste fut détruit en 1747 par des Miamis dissidents puis reconstruit en 1752 plus près du village de Kekionga.

Bien plus tard, c’est aussi sur le site de Kekionga que furent construits les trois forts américains successifs, en 1794, 1800 et 1816, tous nommés “Fort Wayne” en l’honneur du général américain Anthony Wayne. En 1819, quand le dernier fort américain fut mis hors service, une petite communauté vivait encore à proximité immédiate, en majorité d’origine française ou métisse.

Kekionga, aussi appelé Village de Pacanne, était le grand village de la Première Nation des Miamis. Son emplacement était névralgique car, au bref portage, il permettait de contrôler la route la plus courte entre Québec et La Nouvelle-Orléans.