À Natchez les coquelicots font partie du paysage

Le site de Fort Rosalie, Natchez

La colonisation de la région a débuté vers 1714 avec l’établissement d’un poste de traite à proximité d’un grand village des Natchez le long du ruisseau Sainte-Catherine, quatre ans avant la fondation de La Nouvelle-Orléans.

Quelques années plus tard, sous l’ordre de Jean-Baptiste Le Moyne de Bienville, gouverneur de la Louisiane, Fort Rosalie fut érigé sur une colline surplombant les environs. Pendant plus de 15 ans, les relations entre Français et Natchez furent marquées par des flambées de violence répétées, culminant par le massacre de quelque 250 colons français en 1729 et l’extermination des Natchez quelques années plus tard. En 1763, la région passa sous contrôle britannique. Aujourd’hui, le site de Fort Rosalie fait partie du parc historique national de Natchez.

Fort Rosalie

Fort Rosalie a été nommé d’après l’épouse du chancelier de Ponchartrain. Terre Blanche (en haut à droite sur la carte) en banlieue du fort était l’une des deux plantations de tabac de la région. Elle fut concédée à monsieur de Montplaisir, un représentant de la Compagnie des Indes, venu directement de Clérac, France, avec une trentaine d’experts du tabac. L’autre plantation de tabac, un peu plus loin, était celle de Sainte-Catherine. Hubert de Saint-Malo en était le concessionnaire. Une soixantaine d’ouvrier français y travaillaient avec quelques esclaves.

Au cours du massacre de 1729 Fort Rosalie a été entièrement détruit. Sa reconstruction par les Français a eu lieu deux ans plus tard sous la garde des compagnies franches de la Marine. Aux fins de repeupler la colonie, le roi de France envoya des filles à marier comme épouses potentielles pour les veufs du pays. Ici, elles furent surnommées les “filles au baluchon”, en raison de leur petit paquet d’effets personnels.

La piste Natchez (photo US National Park Service)

La piste Natchez (Natchez Trace) était une piste autochtone de 708 kilomètres qui reliait Natchez dans le Mississippi à Nashville dans le Tennessee traversant un immense territoire de chasse amérindien. Dès le début du 18ème siècle elle fut utilisée par les voyageurs blancs comme corridor entre Fort Rosalie à Natchez et Fort Saint-Pierre à Vicksburg et pour atteindre le poste de traite de Charles Charleville dit Jean de Charleville à Nashville près d’une source saline qui attirait le gibier en abondance. Plus tard, ce lieu de largesse fut surnommé le “French Lick”. Puis il devint le Big Salt Springs sur la rivière Cumberland.