Il était une fois dans l’Ouest (La Jonction-Watrous)

Fort Union (photo Outdoors NM)
Watrous est aujourd’hui un hameau d’une centaine d’habitants à moins de 140 kilomètres à l’est de Santa Fé dans la partie sud des Rocheuses près du vieux Fort Union construit en 1851 sur la piste de Santa Fé. À l’époque de la Grande Louisiane française, l’emplacement était connu sous le nom de “La Jonction des rivières” Mora et Sapello dont la source se trouvait au cœur des montagnes. C’est avec l’arrivée du chemin de fer de la compagnie ferroviaire Southern Pacific en 1879 que l’endroit fut baptisé Watrous en l’honneur d’un noble citoyen du village. La Jonction, aussi appelée “La Junta de los ríos” a joué un rôle commercial important dans l’histoire préliminaire du Nouveau-Mexique, englobant ses premières cultures, autochtones, espagnoles et françaises. Il y avait là des campements amérindiens de manière coutumière.

Un rôle commercial important

Les peuples autochtones des Grandes Plaines où les bisons étaient abondants venaient à La Jonction pour échanger avec les Pueblos de Santa Fé et de Taos des peaux de bison contre des fruits, des légumes et d’autres articles. Les Francophones ont vite saisi les opportunités d’affaires de ce marché local de haute intensité typiquement autochtone. Ils y sont venus en nombre avec marchandises européennes et fusils de chasse. L’eau fraîche des rivières Mora et Sapello abreuvait les chevaux des commerçants loin du regard du gouvernement de la Nouvelle-Espagne. Après la révolte des Pueblos de 1680, plusieurs Francophones vinrent s’établir à Santa Fé. Les plus connus ont été Jacques Grolet, Jean L’Archevêque et Pierre Meusnier. Grolet et L’Archevêque ont respectivement fondé les dynasties du Nouveau-Mexique, c’est-à-dire les familles actuelles de Gurule et d’Archibeque. Naturellement, au fil des ans les noms se sont adaptés à la prononciation locale. Les familles Lamy, Saint-Vrain, Catron, Ledoux et Girard ont également contribué à la colonisation et au développement économique de Santa Fé, capitale du Nouveau-Mexique. Jean-Baptiste Lamy, né à Lempdes, France, fut le premier archevêque de Santa Fé. La ville de Lamy au sud de Santa Fé a été nommée en son honneur. À la fin des années 1700, à la suite de la révolution à Saint-Domingue (Haïti), de nombreux Francophones ont quitté l’île et certains se sont retrouvés au Nouveau-Mexique.

L’architecture d’inspiration française

La Sainte Chapelle à Paris, France (photo Angela Milne)
La Chapelle Loretta à Santa Fé, Etats-Unis (photo aztecnm.com)
Le fait français de Santa Fé se révèle aussi dans l’architecture. La Chapelle Loretta ressemble étonnamment à la Sainte-Chapelle à Paris. En outre, la Basilique Saint-François d’Assise de Santa Fé semble avoir été modelée d’après la cathédrale située à Clermont-Ferrand dans le Puy-de-Dôme, en France.