Au Pays des Chaouanons (Lexington)

En souvenir de la Town Branch disparue (photo Lexington Herald-Leader)

Au début de la Nouvelle-France, les Eriés étaient appelés les “Chouanons”. Pendant les guerres franco-iroquoises, de 1609 au traité de la Grande Paix de Montréal en 1701, les Chaouanons quittèrent la vallée de l’Ohio.

Plusieurs d’entre eux s’installèrent au Kentucky qui signifie “Terre de demain” dans la langue iroquoise. On dit qu’il y aurait eu un village chaouanon sur le site de l’actuel ville de Lexington le long du ruisseau Town Branch enterré depuis 1890 et ressuscité en peinture turquoise en 2010.

Pierre Chartier (aussi écrit Chartiers), un commerçant en fourrures, est né à Nashville au Tennessee (l’état voisin du Kentucky) en 1690 de l’union de Sewatha, une femme chaouanonne et de Martin Chartier, un Canadien-français et le premier résident blanc de Nashville. En 1743, Pierre érigea, dans les traces de son père, un poste commercial au confluent de la rivière Ohio et du ruisseau Chartiers près de l’actuel centre-ville de Pittsburgh, Pennsylvanie. Chartiers, un quartier de Pittsburgh, a été nommé en leur honneur.

Martin Chartier, le père de Pierre, est né en 1655 à Poitiers, France. Il arriva à Québec en 1667 avec son père René. Au cours de la traversée océanique, René et Martin ont fait la connaissance de Robert Cavelier de La Salle, qui émigrait également au Canada. En 1672 et 1674 Martin a accompagné Louis Jolliet dans ses expéditions au Pays des Illinois. En outre, il a participé à la construction du Fort Crèvecoeur à Peoria sur la rivière des Illinois en 1680.

Sur le sentier du guerrier

Village Chaouanon et champs de maïs (photo Deidre Mercer)

Pierre Chartier et ses collègues canadiens-français Pierre Bisaillon, Nicole Godin et Jacques Le Tort ont couru les bois et parlaient couramment la langue chaouanonne qui fait partie de la famille des langues algonquiennes. On dit qu’ils auraient été parmi les premiers à traiter avec les Chaouanons du Kentucky et les habitants du grand village chaouanon à Eskippakithiki que les Français appelaient “Les vieux champs de maïs des Amérindiens” près de Lexington. Selon un recensement effectué par l’administration de la Nouvelle-France en 1736, ce village comptait environ mille citoyens ou deux cents familles. Il était situé le long d’une piste de bisons que les Chaouanons utilisaient pour voyager vers les Grands Lacs au nord ou vers la Géorgie au sud et que les Français nommaient “Le sentier du guerrier”.

Le sentier du guerrier a été la première route du Kentucky. Elle a facilité le commerce entre les Français et les Amérindiens des Carolines et de la Géorgie occupant les vallées des Appalaches.