De Boucherville à Nashville, un lien d’histoire qui en dit long

Statue de Jacques-Timothée de Montbrun dans le parc Riverfront de Nashville (photo Nashville news media)

Jacques-Timothée Boucher, sieur de Montbrun (anglicisé au Tennessee sous le nom de Timothy Demonbreun) est né le 23 mars 1747 dans la paroisse de Sainte-Famille à Boucherville, Québec.

En 1766 il épousa Thérèse Archange Gibault, une fille de la ville. Puis le couple, accompagné du cousin l’abbé Pierre Gibault, quitta le Canada tombé sous la tutelle britannique pour s’installer à Kaskaskia où naquit leur premier enfant, baptisé Agnès. Au Pays des Illinois, De Montbrun était juge de paix du printemps à l’été et coureur des bois de l’automne à l’hiver. Son territoire de commerce se situait entre les rivières Ohio et Tennessee, plus particulièrement le site actuel de Nashville où se trouvait une source d’eau sulfureuse qui attirait le gibier en grand nombre, ce qui attirait les chasseurs amérindiens avec lesquels De Montbrun marchandait. À l’époque, l’endroit était connu sous le nom de “La place des Français” (French Lick/Spot).

 

La Place des Français

Le parc du capitole (la place des Français) à Nashville (photo Julia Bruck)

Selon les livres d’histoire La place des Français était située sur l’emplacement actuel du parc du capitole de Nashville. En 1788, De Montbrun s’établit à Nashville d’une façon permanente. Il devint ainsi le premier citoyen de la capitale du Tennessee qui est aussi sa plus grande ville. Il y décéda le 30 octobre 1826 à l’âge de 79 ans. Mais si De Montbrun fut le premier résident officiel de Nashville (La place des Français), il n’a pas été le premier Français à fréquenter les lieux. Avant lui, Martin Chartier, né à Saint-Jean-de-Montierneuf, Poitiers (France), y érigea un poste de traite parmi les Chaouanons dès 1689 avant de déménager avec son épouse chaouanonne sur le site actuel de Pittsburgh.

Après Chartier, vint Jean de Charleville, dit Charles Charleville en 1710. On raconte qu’il y a mené un commerce hautement lucratif de fourrure. C’est à partir de cette date que l’endroit fut nommé par les peuples autochtones La Place des Français, devenu Nashville.

En ce qui concerne l’abbé Pierre Gibault, expulsé du Canada par les Anglais parce qu’il était prêtre jésuite, il prit résidence à Kaskaskia. De là, il s’occupait des paroisses de Vincennes, Sainte-Geneviève, Kaskaskia et Cahokia. Il visitait aussi Ouiatenon, Peoria et Saint-Joseph (voir Niles, Autour des Grands Lacs). Il se retira à New Madrid, où il se fit naturaliser espagnol et y décéda le 16 août 1802.